# 📜 Patrimoine & histoire

> Histoire de l'île, sites et monuments, pagodes chinoises, temples et mosquées, origine des noms de lieux.

*Source : [ile-maurice-retraite.fr](https://ile-maurice-retraite.fr/) · Extrait le 29/10/2026 · Contenu original : guide gratuit et indépendant de Thierry.*

**Sommaire de ce fichier :**

- [L'histoire de l'île Maurice](#lhistoire-de-lile-maurice)
- [Sites et monuments à visiter à Maurice](#sites-et-monuments-a-visiter-a-maurice)
- [Les pagodes de l'île Maurice](#les-pagodes-de-lile-maurice)
- [Temples et mosquées de l'île Maurice](#temples-et-mosquees-de-lile-maurice)
- [D'où viennent les noms de l'île Maurice ?](#dou-viennent-les-noms-de-lile-maurice-)

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## L'histoire de l'île Maurice

*[source](https://ile-maurice-retraite.fr/histoire-maurice.html)*



On s'installe rarement quelque part en connaissant vraiment son histoire — et pourtant, à Maurice, ça change beaucoup de choses. Comprendre pourquoi l'île est aussi française que mauricienne, pourquoi le calendrier mêle fêtes hindoues et catholiques (voir [la page Fêtes & traditions](07-culture-societe.md)), ou pourquoi le droit de la propriété ressemble par endroits au droit français, ça aide à lire la société dans laquelle on emménage plutôt que de la découvrir à l'aveugle.

#### Envie d'aller plus loin ?

Ce résumé tient sur une page, mais l'histoire de Maurice mérite mieux : Robert Surcouf et les corsaires de Port-Louis, Pierre Poivre et la contrebande des épices, le détail des travailleurs engagés, le miracle économique depuis 1968, et 10 sites patrimoniaux à visiter. [Téléchargez le guide complet en PDF (14 pages, gratuit) →](https://ile-maurice-retraite.fr/guides/guide-histoire-maurice.pdf)

### Une île déserte, longtemps ignorée

Contrairement à la plupart des terres habitées depuis des millénaires, Maurice n'avait aucune population indigène. Des marins arabes l'auraient repérée vers le Xᵉ siècle, sous le nom de « Dina Arobi » — une simple escale sur leurs routes commerciales, jamais un lieu de vie. Les Portugais y passent à leur tour au début du XVIᵉ siècle, sans s'y installer davantage. L'île reste ce qu'elle était depuis toujours : une forêt tropicale intacte, sans un seul habitant humain — et le refuge d'un oiseau qui ne volait pas, le dodo.

### 1598-1710 : les Hollandais, le nom « Maurice », et la fin du dodo

C'est un amiral hollandais, Wybrand Van Warwyck, qui débarque le premier à Grand Port en 1598 et baptise l'île « Mauritius », en l'honneur du prince Maurice de Nassau. Les Hollandais y installent une première colonie en 1638, pour exploiter l'ébène qui couvre alors l'île — une deuxième tentative à Flacq échoue, minée par les cyclones et les maladies. Ils introduisent au passage la canne à sucre, qui fera la fortune de l'île bien plus tard.

C'est aussi sous leur présence que le dodo, incapable de voler et sans aucune peur des prédateurs, disparaît : chassé pour sa viande et surtout décimé par les rats, chiens, chats et cochons débarqués avec les navires, il s'éteint vers 1681. En 1710, faute de résultats économiques convaincants, les Hollandais abandonnent purement et simplement l'île.

#### Le dodo, symbole malgré lui

Aucun autre animal n'incarne mieux l'expression « mort comme un dodo ». Disparu en quelques décennies à peine après l'arrivée de l'homme, il est aujourd'hui l'emblème de l'île — sur les armoiries, les billets de banque, et jusque dans le nom de nombreux commerces mauriciens.

*Le dodo, disparu au XVIIe siècle, reste l’emblème de l’île*

*Tortue géante d’Aldabra, cousine des tortues de Maurice aujourd’hui disparues*

*Le macaque, arrivé avec les premiers navigateurs*

### 1715-1810 : l'Isle de France, Mahé de Labourdonnais et l'esclavage

La France prend officiellement possession de l'île en 1715 et la rebaptise « Isle de France ». C'est le gouverneur Bertrand-François Mahé de Labourdonnais qui, à partir de 1735, en fait un véritable port stratégique : fortifications, chantier naval, et fondation de Port-Louis comme capitale. L'économie repose alors sur les plantations de canne à sucre — un travail assuré par des personnes réduites en esclavage, déportées principalement de Madagascar et d'Afrique de l'Est. C'est de cette période, et de la résistance de ceux qui fuyaient les plantations, que naît le séga, aujourd'hui musique et danse emblématiques de l'île.

### Août 1810 : la seule victoire navale de Napoléon

En pleines guerres napoléoniennes, la marine française remporte à Grand Port, entre le 20 et le 27 août 1810, l'une de ses rares victoires navales contre les Anglais — en attirant leurs frégates dans les passes coralliennes peu profondes qu'elles ne savaient pas négocier. Les Britanniques y perdent quatre frégates : deux échouées et sabordées, deux capturées. C'est resté, à ce jour, la seule bataille navale de toute l'ère napoléonienne dont le nom est gravé sur l'Arc de Triomphe à Paris.

La victoire ne change pourtant rien au rapport de force global dans l'océan Indien : dès la fin novembre 1810, 7 000 soldats britanniques débarquent, et l'île capitule début décembre. Le traité de Paris de 1814 officialise la cession à la Grande-Bretagne, qui lui redonne son nom hollandais : Maurice.

#### Pourquoi Maurice est restée si française

Les articles de capitulation de 1810 garantissent aux colons français le maintien de « leur religion, leurs lois et leurs coutumes ». Les Britanniques, peu nombreux et sans volonté de peuplement massif, laissent en pratique perdurer le Code Napoléon, la religion catholique et la langue française dans l'administration et l'école — une décision dont l'écho se retrouve aujourd'hui jusque dans certains aspects du droit mauricien de la propriété et des successions (voir [la page Succession](06-sante-securite.md)).

### 1810-1968 : les Britanniques, l'abolition de l'esclavage et l'arrivée de 450 000 travailleurs engagés

La Grande-Bretagne administre l'île pendant 158 ans. Le tournant majeur intervient le 1ᵉʳ février 1835 : l'esclavage est aboli. Pour remplacer cette main-d'œuvre sur les plantations, les autorités britanniques organisent l'arrivée massive de travailleurs « engagés » — plus de 450 000 personnes venues d'Inde, mais aussi de Chine, des Comores et du Mozambique, entre 1834 et 1914. C'est cette vague qui façonne la Maurice multiculturelle d'aujourd'hui : langues (bhojpuri, hindi, mandarin, urdu, aux côtés du français et du créole), religions, cuisines. Le site d'arrivée de ces travailleurs à Port-Louis, l'Aapravasi Ghat, est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

#### Le Morne Brabant, mémoire de la résistance à l'esclavage

Cette montagne isolée du sud-ouest de l'île, aujourd'hui classée à l'UNESCO (2008), servait de refuge aux esclaves marrons en fuite. Selon la tradition locale, le jour même de l'abolition, le 1ᵉʳ février 1835, une expédition de police est montée leur annoncer leur liberté — mais ceux réfugiés au sommet, croyant à une tentative de capture, auraient préféré se jeter dans le vide plutôt que de retourner en esclavage. Cette histoire, aussi tragique que symbolique, est commémorée chaque 1ᵉʳ février. [Voir le guide complet sur Le Morne Brabant →](09-nature-loisirs.md)

Politiquement, la vie mauricienne s'organise peu à peu : nouvelle Constitution en 1947, élections législatives en 1948, suffrage universel en 1959, montée des revendications indépendantistes dans les années 1950-60.

### 12 mars 1968 : l'indépendance, puis la République en 1992

Le 12 mars 1968, le drapeau mauricien est hissé pour la première fois : l'île devient indépendante, sous la houlette de son premier Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam — considéré depuis comme le père de la nation. Vingt-quatre ans plus tard, jour pour jour, le 12 mars 1992, Maurice quitte le statut de monarchie (avec la reine d'Angleterre comme chef d'État symbolique) pour devenir une République. Cette double date, indépendance et République, en fait la fête nationale mauricienne.

Depuis, l'économie s'est largement diversifiée : longtemps quasi mono-industrielle (le sucre), Maurice a construit son développement sur le tourisme, le textile, les services financiers puis le numérique — un des grands succès économiques de l'Afrique et de l'océan Indien depuis l'indépendance.

### Repères chronologiques

- Vers le Xᵉ sièclePassage de marins arabes — l'île, inhabitée, est un simple point de repère sur les routes commerciales.
- 1598L'amiral hollandais Van Warwyck débarque à Grand Port et nomme l'île « Mauritius ».
- 1638-1710Colonisation hollandaise, exploitation de l'ébène, introduction de la canne à sucre — puis abandon de l'île.
- ~1681Extinction du dodo.
- 1715La France prend possession de l'île et la renomme « Isle de France ».
- 20-27 août 1810Bataille de Grand Port : seule victoire navale française de l'ère napoléonienne.
- Décembre 1810Prise de contrôle britannique de l'île, officialisée par le traité de Paris de 1814.
- 1ᵉʳ février 1835Abolition de l'esclavage.
- 1834-1914Arrivée de plus de 450 000 travailleurs engagés, principalement d'Inde.
- 12 mars 1968Indépendance de l'île Maurice.
- 12 mars 1992Maurice devient une République.

### Ce que cette histoire explique, très concrètement, aujourd'hui

Cette succession de colonisations explique presque tout ce qui peut surprendre un nouvel arrivant : la coexistence apaisée de plusieurs religions et son calendrier de [15 jours fériés](07-culture-societe.md) ; une langue administrative et scolaire (le français, aux côtés de l'anglais officiel) qui a résisté à 158 ans de couronne britannique ; un droit de la propriété et des successions aux racines françaises, hérité du Code Napoléon maintenu par les Britanniques ; et une population où se croisent des héritages indien, africain, malgache, chinois et européen — la vraie identité mauricienne, faite de couches successives plutôt que d'une seule origine.

Pour qui veut voir cette histoire de ses propres yeux : l'Aapravasi Ghat et le musée de la Route des épices à Port-Louis, le site du [Morne Brabant](09-nature-loisirs.md) classé UNESCO, ou encore le champ de bataille de Grand Port, sont autant d'étapes accessibles pour un après-midi de visite une fois installé.

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## Sites et monuments à visiter à Maurice

*[source](https://ile-maurice-retraite.fr/monuments-maurice.html)*



Une île sans population autochtone, façonnée par quatre siècles de passages et de colonisations successives — hollandaise, française puis britannique — avant de devenir une nation indépendante et multiculturelle. Ce patrimoine se lit encore aujourd'hui dans 33 sites incontournables répartis sur les 9 districts de l'île, du patrimoine colonial de Port-Louis aux merveilles naturelles du sud-ouest. Pour l'histoire complète, voir le guide Histoire de l'île.

#### Envie d'aller plus loin ?

Ce résumé tient sur une page, mais le guide complet détaille les 33 sites district par district, avec adresses, tarifs et anecdotes historiques. [Téléchargez le guide complet en PDF (15 pages, gratuit) →](https://ile-maurice-retraite.fr/guides/guide-sites-monuments-maurice.pdf)

### Port-Louis, la capitale

Fondée en 1735 par le gouverneur Mahé de La Bourdonnais, la capitale concentre à elle seule 8 sites : la **Place d'Armes** et sa statue du fondateur, **Fort Adélaïde** qui domine la ville, l'**Aapravasi Ghat** (classé UNESCO), ancien dépôt d'immigration où sont arrivés les travailleurs engagés indiens après l'abolition de l'esclavage, le **Blue Penny Museum** et ses timbres parmi les plus rares au monde, le marché central, Chinatown, ainsi que la cathédrale Saint-Louis et la Grande Mosquée Jummah.

*La porte de China Town, à Port-Louis*

*Grande fresque murale dans le quartier chinois*

*Rue Dr Sun Yat Sen, au cœur du quartier chinois*

*La mosquée Jummah, rue Royale*

*L’allée des parapluies, au Caudan Waterfront*

*Une fresque colorée au Caudan Waterfront*

*La passerelle du Caudan, les montagnes derrière Port-Louis*

*Une statue face au port, au Caudan*

### Le Nord et l'Est : jardins et îlots

À **Pamplemousses**, le jardin botanique SSR, fondé dès 1767 par l'intendant Pierre Poivre, abrite plus de 600 espèces dont le nénuphar géant. Plus au nord, l'église au toit rouge de **Cap Malheureux** reste l'une des plus photographiées de l'île. Côté est, l'**Île aux Cerfs**, accessible en bateau depuis Trou d'Eau Douce, est l'une des excursions les plus prisées de l'île.

*L’église au toit rouge du Cap Malheureux*

*Statue sur les rives du lac de Grand Bassin*

*Un vieux phare au-dessus de la côte rocheuse*

### Le Sud : Mahébourg, Rochester Falls et Bois Chéri

**Mahébourg**, fondée en 1804, et son musée naval racontent la seule victoire navale napoléonienne sur les Anglais. Plus à l'ouest, **Rochester Falls** et les falaises sauvages de **Gris-Gris** offrent un visage plus brut de l'île, tandis que le **Domaine de Bois Chéri**, première plantation de thé de Maurice (1892), se visite avec dégustation et vue panoramique sur le sud.

### Le Plateau central et le Sud-Ouest

À Curepipe, le **Trou aux Cerfs** est un cratère volcanique endormi depuis 700 000 ans, avec un sentier panoramique de 20 à 30 minutes. À Moka, le **Château du Réduit**, résidence présidentielle, n'ouvre que deux jours par an. Enfin, le sud-ouest concentre les sites les plus photographiés de l'île : **Chamarel** et ses Terres des 7 Couleurs, le **Parc national des Gorges de Rivière Noire**, le parc animalier de **Casela**, et surtout [**Le Morne Brabant**](09-nature-loisirs.md), la montagne classée au patrimoine mondial de l'UNESCO pour son rôle de refuge des esclaves marrons.

*Le cratère de Trou aux Cerfs, à Curepipe*

*La tour radar météo, au bord du cratère*

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## Les pagodes de l'île Maurice

*[source](https://ile-maurice-retraite.fr/pagodes-maurice.html)*



Les premiers Chinois sont arrivés à Maurice au début du XIXe siècle. Ils ont apporté leurs dieux, leurs fêtes et leurs lieux de culte : les **pagodes**, reconnaissables à leurs toits aux coins relevés et à leurs couleurs rouge, vert et or. La plupart se trouvent à Port-Louis, autour du quartier chinois et du Champ de Mars. Ce sont des lieux de prière vivants, mais les visiteurs respectueux y sont bien accueillis.

**📌 L'essentiel**

- 🏮 La plus ancienne : la **pagode Kwan Tee**, aux Salines (Port-Louis), fondée en **1842**. On la dit la plus ancienne de l'hémisphère Sud.
- 📍 Presque toutes les pagodes sont à **Port-Louis** : la presse mauricienne en compte une onzaine.
- 🙏 Les dieux les plus présents : **Kwan Tee** (droiture et prospérité), **Ma Chou ou Tin Hau** (protectrice des marins), **Kwan Yin** (compassion) et le **dieu de la Fortune**.
- 🎟️ L'entrée est libre. Tenue correcte et discrétion pendant les prières.

### 🕰️ Un peu d'histoire

**Les premiers Chinois.** Le plus connu est **Hahime Choisanne** (Lu Caixin), un commerçant originaire du Fujian arrivé à Maurice en 1816. En 1821, il demande au gouverneur Farquhar de laisser venir d'autres Chinois. Le gouverneur accepte et le nomme « Kapitan », c'est-à-dire chef de la communauté chinoise de Port-Louis.

**1842 : la première pagode.** Choisanne achète un terrain aux Salines, à l'entrée de Port-Louis, pour offrir un lieu de culte aux immigrants. C'est la naissance de la pagode Kwan Tee, aussi appelée *Cohan Tai Biou*. D'abord en bois, elle est agrandie en 1866, complétée de deux ailes en 1869, puis reconstruite en dur. Il a peut-être existé une pagode plus ancienne à Mahébourg, mais son emplacement est perdu : la communauté considère donc Kwan Tee comme la première.

**Trois communautés.** Les Sino-Mauriciens viennent surtout de trois régions de Chine et parlent trois langues différentes : les **Fujianais**, les **Cantonais** (appelés « Nam Shun » à Maurice) et les **Hakkas**, arrivés plus tard. Chaque groupe a fondé ses associations, ses cimetières et ses pagodes. Les Cantonais s'entraident dès 1859 et créent officiellement en 1894 la société **Nam Shun Fooy Koon**, qui bâtit sa pagode près du Champ de Mars en 1895.

**Les « émeutes des pagodes » (1900-1906).** À la mort du Kapitan Affan Tank Wen, en 1900, les trois groupes se disputent la pagode Kwan Tee, alors centre religieux et politique de la communauté. Les bagarres durent six ans. Le 21 juin 1906, la Cour suprême de Maurice tranche : la pagode sera gérée par un comité de **15 membres**, cinq par communauté, avec une présidence qui tourne chaque année. Cette règle s'applique toujours.

Pour replacer tout cela dans l'histoire de l'île : l'histoire de Maurice.

### 🏮 Pagode Kwan Tee (Cohan Tai Biou), Les Salines

**Fondée :** en 1842 par Hahime Choisanne. La plus ancienne pagode de Maurice.

**Dieux :** Kwan Tee sur l'autel principal (grande statue au visage rouge, longue barbe et armure, près de son cheval) ; petits autels pour Ma Chou, protectrice des marins, et Kwan Yin, qui accorde les enfants ; un petit temple pour le dieu de la Fortune ; un autel des ancêtres.

**À voir :** la cloche en or datée de 1869, les vieux panneaux, les brûle-parfums en cuivre et l'ancienne cheminée où l'on brûle les papiers d'offrande. Des centaines de tablettes des ancêtres sont conservées derrière l'autel.

**Gestion :** la Cohan Tai Biou Society, avec son comité de 15 membres issus des trois communautés.

**Fête :** la fête de Kwan Tee, chaque année début août (les 4 et 5 août en 2026).

**Contact :** rue Kwan Tee, Les Salines, Port-Louis · email kwantee.pagoda@gmail.com · site kwanteepagoda.org · pas de téléphone publié.

### 🏮 Pagodes de la Nam Shun Fooy Koon, Champ de Mars

**Fondée :** la pagode Kwan Tee des Cantonais est construite en 1895 sur le terrain de leur association. Rénovée à la fin des années 1970, elle est réinaugurée en novembre 1980, avec ses statues et décorations d'origine venues de Chine, restaurées.

**Dieux :** Kwan Tee, avec le dieu de la Bonne Fortune (Choy Sun) et un autel pour les défunts. Une seconde pagode est dédiée à **Tin Hau**, déesse de la mer.

**Contact :** à côté de l'hippodrome du Champ de Mars, Port-Louis · site namshunfooykoon.com · pas d'email ni de téléphone publiés.

### 🏮 Pagode Thien Thane (Temple du Ciel), rue Justice

**Construite :** au milieu du XXe siècle (1951 selon les guides locaux). Ce serait la plus récente des grandes pagodes de la capitale.

**Particularité :** une tour octogonale à trois niveaux, au pied de la montagne du Signal, avec une belle vue sur Port-Louis. La montagne est sacrée : elle rapproche les fidèles du ciel. L'intérieur est sobre, avec un simple autel d'offrandes.

**Dieux :** elle est associée aux **Huit Immortels**, des sages de la tradition taoïste.

**Contact :** rue Justice, Port-Louis · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

### 🏮 Pagode Choy Shun, quartier chinois

**Histoire :** plus d'un siècle. D'abord en bois, elle a été reconstruite en béton en 2007.

**Dieu :** le dieu de la Fortune.

**À voir :** la tour du tambour, que l'on frappe en entrant pour annoncer sa venue au dieu.

**Contact :** rue Joseph Rivière, Port-Louis · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

La presse mauricienne cite aussi les pagodes **Poo Chee See** et **Kwan Ping** à Port-Louis. Nous n'avons pas trouvé assez d'informations fiables pour leur consacrer une fiche.

### 🙏 Les dieux des pagodes

- **Kwan Tee (Guan Di, ou Guan Yu)** : un général chinois du IIIe siècle devenu dieu. Il incarne la loyauté, la droiture et le courage, et on le prie aussi pour la prospérité. On le reconnaît à son visage rouge et à sa longue barbe. Sa fête tombe le 24e jour du 6e mois lunaire.
- **Ma Chou (Mazu), aussi appelée Tin Hau** (« Reine du Ciel ») : la protectrice des marins et des pêcheurs, très importante pour des immigrants arrivés par la mer.
- **Kwan Yin (Guanyin)** : la déesse de la compassion, priée notamment pour avoir des enfants.
- **Choy Sun (Caishen)** : le dieu de la Fortune et de la richesse.
- **Les Huit Immortels** : huit sages taoïstes, chacun avec un objet symbolique.
- **Les ancêtres** : une semaine après un décès, une tablette portant le nom du défunt en caractères chinois est placée derrière l'autel. Les familles viennent l'honorer, surtout au Nouvel An chinois.

### 🔤 Que veulent dire les noms ?

Les noms sont écrits selon la prononciation cantonaise ou hakka, d'où des orthographes variées (Kwan Tee, Kwantee, Guan Di…).

- **Kwan Tee** : le nom du dieu Guan Di.
- **Cohan Tai Biou** : autre nom de la pagode Kwan Tee et de la société qui la gère.
- **Thien Thane** : « Temple du Ciel ».
- **Choy Shun** : le dieu de la Fortune.
- **Tin Hau** : « Reine du Ciel », la déesse de la mer.
- **Nam Shun Fooy Koon** : l'association des gens de Nam Hoi et de Shun Tak, deux districts du sud de la Chine d'où venaient les premiers Cantonais.

### 🪔 Ce que vous verrez sur place

- **L'orientation :** les pagodes font face au nord, pour que les dieux regardent la mer.
- **Les couleurs :** le rouge (le bonheur), le vert (la prospérité) et l'or (la pureté).
- **Le salut :** en entrant, les fidèles s'inclinent trois fois devant l'autel. Certains frappent le tambour et la cloche trois fois.
- **L'encens :** sa fumée est censée attirer les dieux et purifier.
- **Les offrandes :** des pommes pour la santé, des oranges pour la prospérité, des gâteaux pour la longévité.
- **Les bâtonnets de bambou :** on secoue une boîte en priant jusqu'à ce qu'un bâtonnet tombe ; un connaisseur interprète alors la réponse.

**💡 Conseils pour votre visite**

- 👕 Tenue correcte (épaules couvertes, pas de tenue de plage). Parlez à voix basse.
- 📷 Demandez avant de photographier l'intérieur, et ne photographiez pas les fidèles en prière.
- 🕐 Les horaires ne sont pas publiés officiellement. Venez plutôt le matin, en semaine, quand c'est plus calme.
- 💰 L'entrée est gratuite. Un petit don ou l'achat de bâtons d'encens est apprécié.
- 🚶 Kwan Tee est à l'entrée sud de Port-Louis ; les autres pagodes se rejoignent à pied depuis le centre et le quartier chinois. Évitez les heures chaudes.

### 🎉 Les grandes fêtes

- **La Fête du Printemps (Nouvel An chinois)** : fin janvier ou début février, jour férié à Maurice. En 2027, elle tombe le samedi 6 février. Les pagodes sont très fréquentées les jours précédents ; pétards le soir et danse du lion, surtout dans le quartier chinois de Port-Louis.
- **La fête de Kwan Tee** : début août, à la pagode des Salines.
- **Le Chinatown Food Festival** : deux jours chaque année en avril, rues piétonnes, cuisine chinoise et danse du lion.

Toutes les dates : [fêtes, traditions et jours fériés](07-culture-societe.md). Et pour les temples hindous et les mosquées : temples et mosquées de Maurice.

### 📚 Sources

- Site officiel de la pagode Kwan Tee et la Cohan Tai Biou Society
- Site officiel de la Nam Shun Fooy Koon
- Office du tourisme de Maurice : fêtes et festivals
- Le Mauricien : « Kwan Tee, au cœur de la plus ancienne pagode » (2019)
- Le Mauricien : « Pagodes de Port-Louis, les merveilles de la diaspora chinoise »
- Wikipédia (en anglais) : les émeutes des pagodes et Hahime Choisanne

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## Temples et mosquées de l'île Maurice

*[source](https://ile-maurice-retraite.fr/temples-maurice.html)*



À Maurice, on croise un temple à chaque village. Près de la moitié des Mauriciens sont hindous, descendants pour la plupart des travailleurs venus d'Inde au XIXe siècle. Ils ont bâti deux grandes familles de temples : les **kovils** tamouls, couverts de statues de toutes les couleurs, et les **mandirs** (ou *shivalas*) des hindous venus du nord de l'Inde. Les musulmans, environ 18 % de la population, ont eux aussi leurs **mosquées**, dont la célèbre mosquée Jummah de Port-Louis. Ce sont des lieux de prière vivants, où les visiteurs respectueux sont bien accueillis.

**📌 L'essentiel**

- 🔱 Le lieu le plus sacré : le lac de **Grand Bassin (Ganga Talao)**, avec la statue de Shiva de **33 mètres**, la plus haute de l'île.
- 🛕 Les plus anciens temples connus datent des années **1830 à 1860** : Bon Espoir (Piton), Terre Rouge, Clémencia, le Kaylasson à Port-Louis.
- 🕌 La mosquée la plus connue : la **mosquée Jummah**, rue Royale à Port-Louis, commencée en 1852.
- 👟 Partout : chaussures retirées à l'entrée, épaules et genoux couverts. L'entrée est libre.

### 🕰️ Un peu d'histoire

**Les engagés indiens.** Après l'abolition de l'esclavage, les Britanniques font venir à partir de **1834** des centaines de milliers de travailleurs indiens pour les champs de canne. Ils arrivent par l'Aapravasi Ghat, à Port-Louis. Les uns viennent du nord de l'Inde (Bihar, Bengale), les autres du sud (Tamil Nadu), et chacun apporte ses dieux.

**Les premiers temples.** Ce sont d'abord de petits autels près des camps sucriers. Les plus anciens temples encore connus datent du milieu du XIXe siècle : un temple à **Bon Espoir, Piton** (1830), le **Sinatambou Kovil** à Terre Rouge (1850), le **Murugan Kovil** de Clémencia (1856), puis les shivalas de Gokoolah et de Terre Rouge (1867) et le Jharnath Shivala d'Adventure (1881).

**Kovil ou mandir ?** Le **kovil** est le temple tamoul : on le reconnaît à sa tour d'entrée, le *gopuram*, couverte de dizaines de statues peintes. Le **mandir** (ou *shivala* quand il est dédié à Shiva) est le temple des hindous du nord de l'Inde : souvent blanc, avec une coupole ou une flèche, et plus sobre à l'extérieur.

Pour replacer tout cela dans l'histoire de l'île : l'histoire de Maurice.

### 🔱 Grand Bassin (Ganga Talao), le lac sacré

*Mangal Mahadev, la statue de Shiva de 33 mètres*

*La déesse Durga sur son lion*

*Une statue au bord du lac*

**Où :** dans les hauteurs du sud-ouest (district de Savanne), à environ 550 mètres d'altitude, dans un ancien cratère de volcan. C'est le lieu le plus sacré des hindous de Maurice.

**Histoire :** selon la tradition, un prêtre de Triolet, Pandit Jhummun Giri, aurait vu en rêve que les eaux du lac venaient du Gange, le fleuve sacré de l'Inde. Le premier pèlerinage part de Triolet en **1898**. Le lac prend alors le nom de Ganga Talao, « le lac du Gange ».

**À voir :** la statue de Shiva **Mangal Mahadev**, haute de **33 mètres** et inaugurée en **2007**, la plus haute de l'île ; la grande statue de Durga ; les temples de Hanuman, de Ganga et de Ganesh autour du lac ; les marches qui descendent jusqu'à l'eau, où les fidèles déposent leurs offrandes.

**Grande fête :** à **Maha Shivaratree** (le 6 mars en 2027), près d'un demi-million de pèlerins viennent au lac, beaucoup à pied depuis chez eux, en portant des *kanwars*, de petits autels décorés. Ils repartent avec de l'eau du lac. Les routes sont très chargées ces jours-là.

**Contact :** Grand Bassin, Savanne · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés. Accès libre, parking sur place.

*Un autel fleuri dans un des temples*

*Les piliers du Shiv Parivaar Mandir*

*Les marches qui descendent vers le lac*

*Baba Vishwanath, Shiva en méditation*

### 🛕 Maheswarnath Mandir, Triolet

**Construit :** de 1888 à 1891, sur les ruines d'une ancienne sucrerie. Les Mauriciens l'appellent le « Grand Shivala de Triolet ». C'est l'un des plus grands temples hindous de l'île.

**Fondateur :** Pandit Sanjibonlall Ramsoondur, arrivé de l'Inde en 1866. Il est enterré près de l'entrée, avec son épouse.

**Dieux :** Shiva d'abord, avec un lingam rapporté de Bénarès (Kashi). On y trouve aussi des autels pour Durga, Krishna, Vishnou et Lakshmi, Hanuman, Kali et Saraswati.

**Lien avec Grand Bassin :** c'est de Triolet qu'est parti le premier pèlerinage vers le lac sacré.

**Contact :** Triolet (nord de l'île, district de Pamplemousses) · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

### 🛕 Kaylasson (Sockalingum Meenatchee Ammen Kovil), Port-Louis

**Construit :** au milieu du XIXe siècle (les sources hésitent entre les années 1840 et 1854, avec une consécration en 1860). C'est l'un des plus anciens kovils tamouls de l'île, bâti par des immigrés venus du sud de l'Inde.

**Dieux :** Shiva (Sockalingum) et la déesse Meenatchee, son épouse.

**À voir :** ses sculptures et peintures. Dans la cour, une statue de Bouddha, présentée comme la première de Maurice, et un grand figuier sacré. Le temple a été rénové et reconsacré en juin 2024.

**Contact :** Nicolay Road, Sainte-Croix, Port-Louis · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

### 🔥 Draupadee Ammen Kovil, Pavillon (Cap Malheureux)

*La tour d'entrée, le gopuram*

*Les tours couvertes de statues peintes*

*La façade et son mât sacré*

*La grande salle et son plafond peint*

**Dieu :** la déesse **Draupadi**, l'héroïne de la grande épopée indienne du Mahabharata. Les temples qui lui sont dédiés sont ceux de la **marche sur le feu** (*Teemeedee*), où les fidèles marchent pieds nus sur des braises après des jours de jeûne.

**À voir :** les tours couvertes de statues, et la grande salle au plafond entièrement peint de rosaces de couleur.

**Contact :** Pavillon, Cap Malheureux (nord de l'île) · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

### 🛕 Siva Soopramaniar Kovil, Goodlands

*L'entrée et les tours du kovil de Goodlands*

**Histoire :** le premier kovil datait des années 1940. Trop abîmé, il a été démoli et reconstruit : première pierre le 24 novembre 2006, consécration en novembre 2008.

**Dieu :** Murugan (Soopramaniar), fils de Shiva, le dieu le plus prié des Tamouls de Maurice.

**À voir :** des sculptures de style sud-indien. C'est l'un des rares kovils de l'île à montrer les **108 postures de la danse de Shiva**.

**Contact :** Goodlands (nord de l'île) · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

### 🌊 Sagar Shiv Mandir, Poste de Flacq

**Construit :** en 2007, sur un petit îlot de la côte est, au milieu du lagon et des palétuviers.

**Dieu :** Shiva, avec une grande statue couleur bronze. C'est l'un des temples les plus photographiés de l'île, surtout au coucher du soleil.

**Contact :** Goyave de Chine, Poste de Flacq · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

### 📷 D'autres temples en photo

Quelques lieux photographiés au fil de nos balades. Le nom exact de certains n'est pas indiqué tant que nous ne l'avons pas vérifié.

*Un kovil aux murs peints d'éléphants*

*Le même kovil, côté jardin*

*Sa tour d'entrée*

*Une statue dorée, sans doute du dieu Murugan et de sa lance*

*Un petit autel de Hanuman sur les rochers, côte est*

### 🙏 Les dieux que vous verrez le plus

- **Shiva** : le dieu qui détruit pour renouveler. On le reconnaît à son trident et au serpent autour du cou. Son symbole, le *lingam*, est au cœur des shivalas.
- **Durga** : la déesse mère et protectrice, souvent montée sur un lion, avec de nombreux bras.
- **Murugan** (ou Soopramaniar) : fils de Shiva, très aimé des Tamouls, avec sa lance, le *vel*. C'est lui qu'on honore au Cavadee.
- **Ganesh** : le dieu à tête d'éléphant, qui écarte les obstacles. On le prie avant de commencer quelque chose.
- **Hanuman** : le dieu-singe, symbole de force et de fidélité. On voit ses petits autels, avec un drapeau rouge, devant beaucoup de maisons.
- **Krishna et Lakshmi** : l'amour divin pour l'un, la prospérité pour l'autre, très présente à Divali.

### 🕌 Les mosquées

Environ **18 % des Mauriciens** sont musulmans (recensement de 2022). Les premiers étaient des marins indiens, les « lascars », dès l'époque française. Les autres sont arrivés à partir de 1834 avec les engagés indiens, et avec des familles de commerçants du Gujarat. L'île compte aujourd'hui des mosquées dans presque toutes les villes.

#### Mosquée Jummah, Port-Louis

*La cour de la mosquée Jummah et ses arcades*

**Histoire :** en **1852**, des commerçants achètent un terrain rue de la Reine. Une petite mosquée de 200 places est consacrée en 1853. Elle est agrandie de 1878 à **1895** par des artisans venus d'Inde. On l'appelait autrefois la « mosquée des Arabes ».

**À voir :** un mélange de styles indien, mauresque et créole ; les portes et arcades en bois sculpté, les lustres de la salle de prière, le grand badamier de la cour et le tombeau en marbre du saint Jamal Shah.

**Contact :** angle rue Royale et rue de la Reine, Port-Louis · tél. +230 242 1129 · site jummahmasjid.org (formulaire de contact) · pas d'email publié.

#### Mosquée du Camp des Lascars (Al-Aqsa), Port-Louis

**Histoire :** construite vers **1805**, c'est la toute première mosquée bâtie à Maurice, par les marins indiens installés au « Camp des Lascars ». Elle s'appelle aujourd'hui la mosquée Al-Aqsa.

**Contact :** Port-Louis · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

**💡 Conseils pour votre visite**

- 👟 Retirez vos chaussures avant d'entrer, dans les temples comme dans les mosquées.
- 👕 Épaules et genoux couverts. Dans une mosquée, les femmes se couvrent les cheveux : prévoyez un foulard.
- 🕐 Évitez les heures de prière, surtout le **vendredi midi** dans les mosquées. Les horaires de visite ne sont pas publiés : renseignez-vous sur place.
- 📷 Demandez avant de photographier l'intérieur, et ne photographiez jamais les fidèles en prière.
- 💰 L'entrée est gratuite. Un petit don est toujours apprécié.
- 🚗 Grand Bassin est loin de tout : prévoyez la voiture ou un taxi, et évitez les jours de Maha Shivaratree si vous voulez un lieu calme.

### 🎉 Les grandes fêtes (dates 2027)

- **Thaipoosam Cavadee** (vendredi 22 janvier) : la grande fête tamoule en l'honneur de Murugan. Processions vers les kovils, avec le *cavadee* porté sur les épaules.
- **Maha Shivaratree** (samedi 6 mars) : la nuit de Shiva, avec le pèlerinage à Grand Bassin.
- **Eid-Ul-Fitr** (mercredi 10 mars, selon la lune) : la fin du ramadan, avec les grandes prières dans les mosquées.
- **Ganesh Chaturthi** (dimanche 5 septembre) : la fête de Ganesh, dont les statues sont ensuite portées à la mer ou à la rivière.
- **Divali** (vendredi 29 octobre) : la fête des lumières, avec des petites lampes à huile devant toutes les maisons.

Toutes les dates : [fêtes, traditions et jours fériés](07-culture-societe.md). Et pour les temples chinois : les pagodes de Maurice.

### 📚 Sources

- Site officiel de la mosquée Jummah
- Mauritius Times : « Sokalingum Meenatchee Ammen Temple, a historical landmark »
- Hinduism Today : le nouveau Siva Supramaniar Kovil de Goodlands (2008)
- Mautourco : les lieux de culte de Maurice
- Wikipédia (en anglais) : Ganga Talao, Maheswarnath Mandir, Sagar Shiv Mandir, mosquée Jummah et l'islam à Maurice
- Photos : Île Maurice Retraite.

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## D'où viennent les noms de l'île Maurice ?

*[source](https://ile-maurice-retraite.fr/noms-de-lieux-maurice.html)*



Cap Malheureux, Curepipe, Flic en Flac, Pamplemousses, Quatre Bornes… Les noms de l'île Maurice intriguent souvent les nouveaux venus. Ils racontent pourtant toute son histoire : les marins portugais, les Hollandais qui ont donné son nom à l'île, les Français qui ont baptisé la plupart des villages, puis les Anglais. Beaucoup de noms viennent aussi d'un arbre, d'un propriétaire ou d'un simple détail du paysage. Voici les plus connus, avec leur explication. Quand l'origine n'est pas sûre, nous le disons.

**📌 L'essentiel**

- 🇳🇱 **Maurice** vient du prince hollandais **Maurice de Nassau** : l'île a été baptisée « Mauritius » en 1598.
- ⛪ **Cap Malheureux** veut dire « le cap de la malchance ». On l'explique par les naufrages sur ses récifs et par le débarquement anglais de 1810, qui a fait perdre l'île aux Français. Son église au toit rouge s'appelle **Notre-Dame Auxiliatrice**.
- 👑 Plusieurs villes portent le nom d'un roi ou d'un gouverneur : **Port-Louis** (le roi Louis XV), **Mahébourg** (Mahé de Labourdonnais), **Souillac** (le vicomte de Souillac).
- 🌳 D'autres viennent d'une plante : **Pamplemousses**, **Moka** (le café), **Vacoas**, **Tamarin**.
- ❓ Pour certains noms, comme **Curepipe** ou **Cap Malheureux**, il existe plusieurs explications et personne ne peut trancher avec certitude.

### ⛪ Cap Malheureux : pourquoi « malheureux » ?

Le Cap Malheureux est la pointe la plus au nord de l'île, face au Coin de Mire et aux îlots du nord. Son nom veut dire « le cap de la malchance ». Deux explications circulent, et elles se complètent sans doute :

- **Les naufrages.** Le récif et les courants de cette pointe ont fait couler de nombreux navires au fil des siècles. Pour les marins, c'était un cap dangereux.
- **Le débarquement anglais de 1810.** Fin novembre 1810, environ 7 000 soldats britanniques débarquent sur la côte nord, du côté de Cap Malheureux et de Grand Baie. Quelques jours plus tard, début décembre, l'Isle de France capitule. Pour les Français, c'est le cap du malheur : celui où ils ont perdu l'île.

Ce qui est sûr : le nom a été donné à l'époque française (1715-1810). L'explication par 1810 est la plus racontée sur place, mais elle n'est pas prouvée, car le nom pourrait être plus ancien que le débarquement.

*Notre-Dame Auxiliatrice, l’église au toit rouge du Cap Malheureux*

**L'église au toit rouge : Notre-Dame Auxiliatrice**

**Son nom :** la chapelle **Notre-Dame Auxiliatrice** (« Notre-Dame qui aide »), un titre de la Vierge Marie, protectrice des chrétiens. On l'appelle aussi « l'église des pêcheurs » ou « la petite église rouge ».

**Son histoire :** la plupart des guides la datent de **1938**. Une autre source parle d'une première construction en 1870 et d'une paroisse créée en 1938. Nous n'avons pas trouvé de document officiel du diocèse pour trancher.

**À voir :** son toit rouge vif face au lagon et au Coin de Mire, l'une des vues les plus photographiées de Maurice. C'est une église vivante : la messe y est célébrée le dimanche matin.

**Contact :** route côtière, Cap Malheureux (nord de l'île) · pas d'email, de téléphone ni de site web officiels trouvés.

### 🏝️ Le nom de l'île : de Dina Arobi à Maurice

- **Dina Arobi** : c'est le nom que portent les cartes arabes et la carte portugaise de Cantino (1502). Les marins arabes connaissaient l'île, sans y vivre.
- **Cirne** : les premières cartes portugaises l'appellent « Ilha do Cirne ». Ce serait une faute de copie de *Cisne* (« cygne »), le nom d'un navire portugais.
- **Mauritius** : en 1598, l'amiral hollandais Wybrand Van Warwyck débarque à Grand Port et baptise l'île en l'honneur du prince **Maurice de Nassau**, qui dirigeait alors les Provinces-Unies (les Pays-Bas).
- **Isle de France** : les Français, maîtres de l'île de 1715 à 1810, la rebaptisent comme la région de Paris.
- **Maurice** : les Britanniques, qui prennent l'île en 1810 (traité de Paris de 1814), lui redonnent son nom hollandais. En créole, on dit *Moris*.

Pour toute l'histoire : l'histoire de l'île Maurice.

### 👑 Des rois, des gouverneurs et des propriétaires

- **Port-Louis** : les Hollandais l'appelaient le « port du Nord-Ouest ». Le gouverneur français Mahé de Labourdonnais en fait la capitale dans les années 1730 et la nomme en l'honneur du roi **Louis XV**.
- **Mahébourg** : la ville de Grand Port, développée vers 1806, porte le nom de **Bertrand-François Mahé de Labourdonnais**, le plus célèbre gouverneur de l'Isle de France.
- **Souillac** : le nom du **vicomte de Souillac**, gouverneur de 1779 à 1787. Un ordre royal du 1er janvier 1787 crée « Port Souillac », en remerciement de son travail pour ce port du sud.
- **Chamarel** : le nom de deux frères français, **Toussaint-Antoine et Charles-Antoine de Chazal de Chamarel**, nés sur l'île en 1770 et 1772, qui possédaient ces terres.
- **Mont Pieter Both** : la deuxième montagne de l'île, avec sa boule en équilibre au sommet, porte le nom de **Pieter Both**, premier gouverneur général des Indes néerlandaises. Il s'est noyé le 6 mars 1615 lors du naufrage de ses navires à Flic en Flac.
- **Rodrigues** : l'île sœur porte depuis 1528 le nom du navigateur portugais **Diogo Rodrigues**. Voir notre page [Rodrigues](09-nature-loisirs.md).

### 🌳 Des arbres et des plantes

- **Pamplemousses** : les Français ont nommé ce lieu ainsi à cause des nombreux pamplemoussiers qui y poussaient. C'est là que se trouve le célèbre jardin botanique.
- **Moka** : le nom vient du **café moka**, venu de la région de Moka (Mocha, au Yémen). Les Français l'ont cultivé ici au début de leur occupation, puis cette culture a été abandonnée au XIXe siècle. Voir notre page [Moka](08-regions-villes.md).
- **Vacoas** : le *vacoa* est le pandanus, un arbre aux longues feuilles dont on tressait autrefois paniers et nattes.
- **Tamarin** : le tamarinier, arbre aux gousses acidulées très utilisées dans la cuisine mauricienne.

### 🧭 Des noms qui décrivent le lieu

- **Flic en Flac** : le nom le plus étonnant de l'île viendrait du vieux néerlandais *Fried Landt Flaak*, « terre plate et libre ». Il décrit bien la grande plaine côtière et sa longue plage.
- **Quatre Bornes** : les quatre bornes qui marquaient la limite de quatre grandes propriétés sucrières.
- **Trou d'Eau Douce** : un trou d'eau douce, c'est-à-dire une source où les marins venaient remplir leurs tonneaux. Le « vrai » trou, en pierre, existe toujours près du bureau des garde-côtes.
- **Rose-Hill** : selon la tradition, à cause de la montagne du Corps de Garde, qui prend une couleur rose au coucher du soleil.
- **Grand Port** : simplement « le grand port », la grande baie du sud-est où les Hollandais ont débarqué en 1598.
- **Rivière Noire** : sans doute à cause de son lit sombre, que le courant lent laisse bien visible.
- **Le Pouce** : la montagne qui domine Port-Louis a la forme d'un pouce levé.
- **Pailles** : ce village fournissait la paille et le fourrage pour les chevaux de la capitale.

### ❓ Les noms qui gardent leur mystère

- **Curepipe** : deux explications. La plus connue : les voyageurs et les soldats qui faisaient la route entre Port-Louis et Grand Port s'y arrêtaient pour « curer » et rebourrer leur pipe. D'autres historiens pensent plutôt au nom d'un propriétaire du XVIIIe siècle. La ville est surnommée « la Ville Lumière ».
- **Cap Malheureux** : naufrages ou défaite de 1810 ? Voir plus haut.

### 📖 Petit lexique pour lire une carte de Maurice

- **Morne** : une montagne isolée, un mot du français des îles (on le retrouve aux Antilles). Exemple : le [Morne Brabant](09-nature-loisirs.md).
- **Piton** : un sommet pointu. Le Piton de la Petite Rivière Noire est le point le plus haut de l'île (828 m).
- **Trou** : un creux, une cuvette ou un cratère, comme le Trou aux Cerfs à Curepipe.
- **Cap** et **pointe** : une avancée de terre dans la mer (Cap Malheureux, Pointe aux Canonniers).
- **Baie** et **anse** : une côte creusée, souvent bien abritée (Grand Baie, Baie du Cap).
- **Plaine** : un plateau ou une étendue plate (Plaines Wilhems, Plaine Champagne).
- **Camp** : souvent un ancien campement, de soldats, de travailleurs ou de pêcheurs (Camp des Lascars, Camp de Masque).

Vous connaissez l'histoire d'un autre nom ? Écrivez-nous depuis la page [contact](https://ile-maurice-retraite.fr/contact.html), nous la vérifierons avant de l'ajouter.

### 📚 Sources

- Conseil de district de Moka : origine du nom Moka
- Encyclopédie Britannica : Quatre Bornes
- Expat.com : comment les villes et villages de Maurice ont été nommés
- Belombrepedia : la famille de Chazal de Chamarel
- L'Express Property : Pamplemousses, berceau de l'histoire mauricienne
- Vintage Mauritius : les vieilles églises de Maurice
- Wikipédia (en anglais) : Cap Malheureux, Maurice, Port-Louis, Curepipe, Flic en Flac, Pieter Both et Rodrigues
- Photos : Île Maurice Retraite.

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